Un restaurant au cœur du Sud-Ouest qui a compris, bien avant les autres, que les plus belles soirées se terminent avec une volute de fumée.
À moins de vingt minutes de Bordeaux, niché contre les tribunes du mythique Stade André Moga, il existe un lieu qui n’a rien à voir avec le rugby — ou plutôt, qui a tout à voir avec la même chose : la passion, le terroir, et l’art de se retrouver.
Le Damier est un restaurant. Mais ce mot semble trop petit pour ce qui se passe entre ces murs.
Une atmosphère qui ne se construit pas
Ce qui frappe en premier, c’est la lumière. Les grandes baies vitrées ouvrent la salle sur la pelouse du stade, comme si le restaurant avait été dessiné pour regard vers l’extérieur – un détail qui change tout à l’ambiance. Pas de plafond bas, pas d’éclairage forcément tamisé : ici, on est à l’aise. Élégant sans être prétentieux. Convivial sans être bruyant.
Le lieu a une âme, celle qu’on ne peut pas recréer en achetant du bon mobilier. Elle vient de l’histoire qui s’est écrite ici, de l’énergie qui a traversé ces murs depuis des décennies – et qui, d’une certaine façon, continue de vibrer, même quand les tribunes sont vides.
C’est exactement le type d’endroit où l’on se retrouve entre passionnés. Pas forcément passionnés de la même chose – mais passionnés, c’est sûr
Thibaut Servas : le chef qui écoute le terroir
errière la cuisine du Damier, un nom suffit à vous dire où vous vous trouvez : Thibaut Servas. Formé auprès des plus grands — Alain Passard, Pierre Gagnaire — il aurait pu choisir Paris, une cuisine étoilée, les spotlights. Il a préféré le Sud-Ouest. Et cette décision se retrouve dans chaque assiette.
Sa philosophie est simple à énoncer, difficile à exécuter : sublimer le terroir avec juste ce qu’il faut de technique, pas plus. Les produits sont saisonniers, locaux quand possible, sélectionnés avec une exigence qui se traduit par des saveurs nettes et généreuses. Pas de surcharge, pas d’artifice. Une cuisine qui respire.
Et pour ceux qui sont sensibles à ces choses : Servas maîtrise aussi les accords. Pas seulement vins — il comprend la façon dont les saveurs répondent entre elles. Ce qui, vous l’aurez compris, nous intéresse particulièrement.
Cette exigence se reflète dans la carte des vins. Le Damier a fait le choix de se concentrer sur Bordeaux — et de le faire bien. La carte classique propose déjà de belles bouteilles, entre Pessac Léognan, Saint-Émilion et Médoc. Mais c’est leur cave préstige qui dit vraiment ce que le lieu vaut : Château Figeac, Château Ducru Beaucaillou, La Mission Haut-Brion, Château Pontet Carnet, Château Beauregard en Pomerol… Une sélection serrée, choisie avec la même exigence que la cuisine. On n’y cherche pas à impressionner — on y cherche à ravir.
Notre passage incognito
Le 31 janvier, nous nous sommes installés au Damier sans nous présenter. Juste pour voir. Pour tester, sans filet, ce que vaut une soirée ordinaire dans ce lieu qui se revendique de l’extraordinaire.
Et bien, une soirée ordinaire au Damier, ça commence par un œuf mayonnaise. Oui, oui — cet œuf mayo du Chef Servas qui trône en tête de carte à 6,50 €. À première vue, rien de révolutionnaire. Et c’est exactement ça qui le rend remarquable : Servas a pris un plat que tout le monde connaît, et il l’a fait avec une précision qui vous rappelle pourquoi les choses simples, bien faites, sont toujours les meilleures. La sauce, la texture, le dosage — rien n’est laissé au hasard. Un signal clair : la soirée allait être bonne.
Le bourguignon a confirmé. Avec sa purée moutarde à l’ancienne, c’est un plat qui ne cherche pas à impressionner — il prend le temps de vous convaincre. La viande fond, les saveurs sont profondes sans être lourdes. Le genre de plat qu’on ne finit pas en se pressant.
Et pour refermer la soirée, le café gourmand. Un dessert qui, lui aussi, n’a pas besoin de faire semblant : il sait ce qu’il est, et il le fait bien. Le bon moment pour poser la cuillère, prendre une pause, et allumer.
Parce que c’est ici que tout prend son sens. Le Damier n’est pas un endroit qui vous pousse vers la sortie. Son atmosphère vous autorise à rester, à respirer, à prendre le temps.
Et ce n’est pas une question de tolérance. Le Damier a fait un choix : sa terrasse est cigare-friendly. Pas de regard gêné, pas de “dehors s’il vous plaît”. On y est bienvenu, simplement. Et pour aller encore plus loin, ils organisent régulièrement des soirées cigare — des moments dédiés, pensés pour les amateurs, où la gastronomie et la passion se retrouvent dans le même esprit. Le genre d’initiative qui, à nos yeux, dit tout sur la façon dont ce lieu considère ses clients.
Pour ceux qui cherchent un lieu où leur passion ne jure pas avec la gastronomie, Le Damier n’est pas juste une adresse à retenir — c’est une adresse à connaître.
Quelques pistes d'accords
La carte du Damier est une invitation naturelle à l’accord. Les plats sont riches, ancrés dans le terroir du Sud-Ouest — et pour qui connaît ces saveurs, les cigares répondent presque d’instinct.
Après le bourguignon ou la L-Bone à partager : on reste dans les sphères puissantes. Un cigare Honduras, charnu, avec des notes de cuir et de cacao. Quelque chose qui tient tête sans écraser. Le genre d’accord où les deux se sentent à leur place.
Avec l’andouillette 5A ou le tartare : des plats qui ont du caractère, parfois du piquant. Un Nicaragua, volcanique, avec ses notes épicées — il ne demande pas mieux que de se retrouver face à un plat qui ne mâche pas les mots.
En fin de soirée, avec le café gourmand : c’est le moment où on peut se permettre d’aller plus loin. Un cigare cubain, plus complexe, qui accompagne les dernières minutes de la soirée. Ou, pourquoi pas, un Dominicain plus fin — celui qui ne combat pas le chocolat mais s’y glisse, en complément.
Et si on prolonge avec un digestif : Le Damier y a pensé aussi. Un Cognac XO, un Armagnac XO, un Aberlour 10 ans — les classiques sont là, les bons. Entre un bon digestif et un bon cigare, c’est une conversation qui se tient toute seule. On n’a juste qu’à se taire et écouter.
Ces suggestions sont des points de départ. Le meilleur accord, c’est celui qui vous plaît à vous.
À retenir
📍 Le Damier — Stade André Moga, 1 Impasse Delphin Loche, 33130 Bègles
📞 05 56 89 90 01
🌐 restaurantledamier.fr
🌿 Terrasse cigare-friendly
Ouvert mercredi, jeudi et vendredi en soirée. Réservation conseillée.
Le lieu est également privatisable — pour ceux qui pensent soirée Cigaroa dans un cadre qui mériterait bien un événement.
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